Les élections américaines – J-0

Aujourd’hui, les Américains vont voter pour se choisir un nouveau président, puisque le précédent a accompli deux mandats et c’est le maximum permis par la CONSTITUTION (texte de loi qui définit le fonctionnement d’un état). Mais les Américains ne votent pas pour leur président comme nous. Ils votent pour des GRANDS ELECTEURS, des hommes et des femmes qui siègeront dans un COLLÈGE ÉLECTORAL (une assemblée dont la mission est de voter pour choisir le président) de 538 membres. Le candidat à l’élection présidentielle qui obtiendra la majorité des voix des grands électeurs, soit 270, sera élu.

Là où ça se complique un peu, c’est que chaque ÉTAT (comparable à de grandes régions) envoie un nombre déterminé de grands électeurs, en fonction de sa population. Ainsi, la Californie, l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis, envoie 55 grands électeurs au collège électoral, tandis que le Vermont, tout petit état peu peuplé, n’envoie que 3 grands électeurs. Mais attention, il n’y a pas, à l’exception du Maine et du Nebraska, de SCRUTIN PROPORTIONNEL (façon de calculer les résultats du vote en répartissant les sièges ou mandats proportionnellement aux résultats obtenus. ainsi, 10 % des voix donnerait 10% de sièges). Cela signifie que dans chaque état, le parti qui remporte plus de 50 % des voix remporte tous les grands électeurs (principe du « winner takes all« , scrutin strictement MAJORITAIRE). Donc, si H.Clinton a la majorité des voix en Californie, elle obtient 55 grands électeurs pour son parti. Intéressant comme état, non ?

La Californie est acquise aux DÉMOCRATES, donc à Clinton. Il y a certains états comme la Californie qui votent toujours dans le même camp. Le Texas, par exemple, vote toujours pour les RÉPUBLICAINS (le parti de Trump). Mais il y a certains états qui changent de camp d’une élection à une autre. On les appelle les SWING STATES. C’est le cas de la Floride, qui envoie 29 grands électeurs au collège électoral. Ainsi, à chaque élection, les projecteurs sont tournés vers cet état.

Ce système de vote indirect sans scrutin proportionnel peut mener à des situations vraiment étranges pour nous les Européens. Ainsi, en 2000 lorsque Al Gore (pour les Démocrates) affrontait Georges W Bush (pour les Républicains), les résultats étaient très serrés. Seule la Floride, un swing state important, pouvait les départager. Celui qui gagnait cet état, remportait ses 25 grands électeurs (chiffre de l’époque) et donc l’élection présidentielle. Et, là aussi, les candidats étaient au coude à coude. C’est Bush qui a gagné, mais il a gagné en remportant 500 voix de plus qu’Al Gore. J’ai bien écrit 500 voix ! Cela veut dire qu’à 500 voix près, Al Gore aurait pu gagner tous les grands électeurs de l’état. Incroyable, non ?

Et encore plus incroyable, lors de ces élections de 2000, Gore obtient 51 millions de voix du peuple (POPULAR VOTE) contre un peu plus de 50 millions pour Bush. Qui gagne ? Gore me direz-vous. Et bien non, c’est Bush qui gagne ! Et il gagne car il obtient, grâce à la Floride, plus de grands électeurs que Gore (ELECTORAL VOTE, 271 contre 266).

Pour creuser le sujet, je vous propose quelques liens et un document sur les élections de 2000, que j’ai réalisé à partir des résultats officiels à l’échelle nationale et à l’échelle de la Floride. Vous trouverez aussi une carte avec le nombre de grands électeurs par état ainsi que leur tendance.

Excellente petite vidéo illustrée pour mieux comprendre mes explications

Une situation étrange, l’exemple des élections de 2000

Les états en fonction de leur nombre de représentants et de leur tendance politique.